Iron Mike // France
Posté par staff
Je suis Mike de Rennes, 22 ans. Je fais du Popping Style et du Boogaloo. Je danse le Popping depuis six ans.
Pourquoi avoir choisi le Pop ?
C’est cette danse qui m’a le plus parlé. Toute ma famille danse le Pop, notamment mon père. J’ai été influencé par les clips de Mickael Jackson.
Qui t’a donné envie de danser le Pop ?
En 1998 au BOTY quand j’ai vu Fox danser, j’ai eu envie de me lancer. Quand j’étais plus jeune, j’ai commencé par du break puis j’ai fait du smurf. Puis dès que j’ai découvert le Pop, je ne l’ai plus lâché. J’ai été beaucoup inspiré par des danseurs différents comme Bruce d’Ykanji, Walid, Fox, et beaucoup d’autres.
Quels sont les battles qui t’ont le plus marqué ?
Le Juste Debout 2003, le Bboys Summit 2004, le UK 2005 et le Juste Debout 2006, d’autres battles comme le Trace TV, le battle de Saint Denis, le HIP HOP et d’autres que j’oublie.
Peux-tu nous parler de ton battle contre Bruce durant l’événement H.I.P. H.O.P. ?
C’est vrai que je voulais voir comment il allait réagir si je lui rentrais dedans. (Sourire) Je sais que l’on m’avait beaucoup parlé de lui en battle, qu’il ne se laissait pas faire. Donc je voulais juste voir sa réaction si je lui rentrais dedans, même pas pour dire que je suis mieux, juste voir.
D’ailleurs j’ai pensé qu’on allait perdre à cause de son passage de ouf et finalement grâce à toute l’équipe on a gagné. Pour moi c’était le meilleur danseur de l’évènement en pop.
Entre les battles, la scène et les soirées, quelle énergie tu préfères le plus ?
Spontanément je dirais en soirée mais finalement les feelings sont différents et tous bons. En soirée, tu fais des mouvements sans avoir travaillé avant et tu es dans un kiff personnel intense. Tu ne te poses pas de question. Dans ta chambre tu ressens la musique différemment, tu te lâches pas mal. Dans les battles, il y a un esprit plus rageux car tu veux gagner la compétition donc tu es plus concentré sur tes mouvements. Et sur scène, tu es plus rigoureux sur les mouvements que tu as mis du temps à travailler.
Quel titre t’as fait le plus plaisir ?
Le Bboy Summit en 2004. C’était ma première participation à une compétition internationale à l’étranger. Je n’avais pas de pression particulière. Les gens que je ne connaissais pas forcément m’ont tout de suite mis à l’aise. Je ne connaissais personne.
Puis je dirais aussi le Juste Debout en 2003 car je ne connaissais personne et ça m’a donné envie de continuer les battles. C’était mon premier battle en national.
Pourquoi n’as-tu pas participé au Juste Debout en 2005 ?
En je n’avais pas envie de saouler les gens car j’avais déjà participé aux précédentes éditions. (sourire). Je n’étais pas forcément prêt. J’y suis allé pour assister en tant que spectateur. Je n’étais pas déçu d’ailleurs. A la base je devais y participer avec un partenaire mais finalement ça ne s’est pas fait.
Comment te prépares-tu pour un évènement ?
Je m’entraîne à fond avant. J’essaie de savoir qui va participer à l’évènement pour préparer les stratégies. Finalement ce n’est pas évident et puis je crois qu’on n’est jamais prêt à 100% pour un évènement sinon aucun danseur n’aura la pression de sa vie. Même quand je me suis beaucoup entraîné pour le battle, je ne me sens jamais prêt physiquement. Après c’est dans ma tête, j’essaie d’élaborer une stratégie.
Est-ce que tu anticipes les charriages dans les battles, surtout dans la catégorie Popping ?
Pas vraiment, c’est sur le moment, tu lâches des trucs. En fait tu fais un avec ton partenaire, tu formes des combinaisons. Avec Salah, c’est plus son jeu. Si je fais des un contre un, je ne pense pas refaire plus que ça des charriages. J’ai fait des combinaisons avec lui et c’était super. D’ailleurs depuis, je regarderais davantage les gens dans les yeux car avant je regardais plus par terre.
Quelles relations entretiens-tu avec les personnes que tu as rencontrées dans ces différents évènements ?
Avec certains je garde de bons liens et avec d’autres on est même devenu potes. Ce sont toujours de bonnes rencontres. Tu apprends et tu échanges. Je n’ai jamais eu d’embrouilles avec qui que ce soit.
En 2003 te rappelles-tu du battle, quand tu dansais avec Hajar, contre Foued et Mouss?
Oui, j’avais vraiment la pression. C’était chaud mais Hajar avait fait un gros taf. C’était contre des anciens et moi je pensais que c’était notre dernier match. Elle y croyait plus que moi je pense. Quand elle s’est retrouvée contre Fouad, elle a fait de bons passages. Foued vient popper tout près de toi, là c’est le charriage que j’apprécie car il danse. Certains charrient pour charrier et il oublie de danser. Salah est très fort là -dessus car lui, il charrie avec le génie de sa danse.
Que penses-tu du choix des juges de cette année au Juste Debout ?
C’est un vrai honneur d’avoir des juges comme Anna Sanchez, Damon, etc. car ce sont de vraies figures dans la danse. Ils étaient très durs par contre car ils veulent voir jusqu’au tu peux te donner. Je pense qu’ils ont été très difficiles plus que tous ceux que je connaissais de ma carrière de danseurs jusqu’à présent. En plus tout le monde devait penser que Salah allait gagner car il y avait Damon en juge mais ce n’est vraiment pas le cas car il était encore plus vigilant. Salah devait donner encore plus. Si tu ne te donnes pas à fond, tu es au même titre que tout le monde.
D’ailleurs peux-tu nous en dire plus sur ta participation au Juste debout en 2006 avec Salah ? Comment avez-vous eu l’idée de danser ensemble ?
On a passé beaucoup de soirées ensemble. On a un bon délire. Depuis le Bboy Summit en 2004 on s’est davantage rapprocher. Pour le Juste Debout en 2006, il m’a proposé de le faire ensemble pour représenter la scène française. Pour dire que les français sont là . J’ai eu le déclic direct. C’était dur de s’entraîner ensemble à cause de nos emplois du temps. En tout mis bout à bout, on a dû mettre une semaine entière. On se téléphonait tout le temps. C’était très important pour nous et on a fait appel à des anciens pour les conseils. Junior, Guy Sembé, Funky Foued notamment. Ils nous ont super bien coaché. D’ailleurs je tiens à les remercier tous car sans eux, je ne sais pas si on aurait mis autant de patate dans notre danse.
Quels sont tes projets ?
J’ai commencé une création avec la compagnie Moral Soul de Brest et une autre création avec la compagnie de Force 7, dans un spectacle qui nomme Hokara avec Cathy, Caddy et Frankey chorégraphié par Issambé.
On a commencé à préparer un show avec Hexagone et ce n’est pas évident d’avancer car chacun a ses impératifs.
Ton projet de DVD ?
C’est un projet avec la production On the Moon. On me l’a proposé et j’ai accepté. Au début je voulais attendre un peu avant de lancer ce projet, de mûrir davantage ma danse. En octobre prochain si le DVD sort ça va faire dix ans que j’ai commencé à danser donc c’est une bonne date. Je dois d’abord récupérer des images et je veux inclure des images de mes créations donc pour le moment on est au tout début. Si ça sort tant mieux, à suivre.
Peux-tu nous dire pourquoi dans la danse, Rennes tient une bonne une place ?
On a constitué un bon noyau qui s’entraîne régulièrement dans notre quartier. On s’entraînait tous les jours. On organisait aussi des battles entre nous chaque semaine pour voir si on avait progressé. Des deux contre deux, des un contre un, bref on ne lâchait pas l’affaire. Ma petite sœur Linda, ma copine Anna, Malabar, Luc, Boris et d’autres continuent aujourd’hui à danser.
As-tu quelque chose à ajouter ?
Le niveau monte beaucoup aujourd’hui donc il faut faire attention à ne pas prendre la grosse tête. Ne jamais oublié de mettre de soi dans la danse car beaucoup de monde se ressemble, se copie. Les gens doivent avoir leur style et ne pas refaire ce que les autres font déjà . Apporter des choses différentes.
Des dédicaces ?
Oui, à Rennes, à toute la Bretagne, aux autres en France, aux Poppeurs, New Styleurs, Houseurs, Lockeurs, Breakeurs, aux musiciens, aux Dj’s enfin à toute la famille Hip Hop.
Une chose que je souhaite ajouter, car j’entends dire de moi et sur d’autres d’ailleurs, que je suis musical car je connais la musique. Pourquoi on connaît la musique, c’est tout simple, dans tous les évènements auxquels j’ai assisté on entend les mêmes sons donc on est forcé de connaître la musique. Le plus simple c’est de changer les sons et on verra bien qu’on danse quand même sur le son. Donc voilà le message est passé… (Sourires).
Interview réalisée par KeMp
le 01/09/2006
1 commentaire
salah et Iron mike, 2 de mes danseurs preferés, j’aimerai vraiment prendre contact avc l’un d’eux, juste pour leur parler ne serait ce qu’une seule fois, par le biais d’internet, n’étant pas de paris il m’est tres difiicile de rencontrer de tels figures de la danse.
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